
Chère Claire Fourcade,
Je suis plutôt libérale, presque une insulte de nos jours, mais que voulez-vous ? J’aime plus que toute autre chose la liberté.
Alors, conséquence logique, je n’ai jamais compris que l’on ne nous laisse pas disposer librement de notre fin de vie.
C’est donc avec grand intérêt que je me suis jeté sur votre livre. Ce qui a momentanément effrayé mon ego ainsi que les quelques personnes de mon entourage. En effet, le titre « Journal de la fin de vie » n’est pas aussi séduisant qu’il le semble.
Paradoxalement, votre livre est humaniste. Sans doute le plus profond et le plus sensible que j’aie lu depuis longtemps. D’une écriture rythmée au fil de votre vie et de votre expérience de soignant aux services des autres, il est parfois très drôle. Malgré le sujet, j’ai aussi beaucoup ri en le lisant.
Maintenant, parlons du sujet. Libérale donc, j’avais besoin d’éclaircissements sur ma volonté de disposer de ma fin de vie. Je n’ai pas été déçu. Vous prenez le temps d’exposer les différents paramètres du sujet, une fin de vie digne, ainsi que les problématiques qu’ils soulèvent. Notamment auprès des soignants, mais plus généralement, sur ce que ça dit de notre humanité.
À ma grande surprise, vous expliquez enfin et démontrez que cette fin de vie digne existe déjà : les soins palliatifs. Mais, comme beaucoup de choses dans notre pays, ils manquent de moyens, ne sont donc pas encore suffisamment développés et, enfin, ne sont pas suffisamment connus des Françaises et des Français. Moi, le premier.
C’est là que l’humanité de ce livre jaillit à la figure du lecteur. Quand vous parlez de cette armée des ombres (soignants et associations) qui, de toutes leurs forces et de toutes leurs énergies, se mettent au service des derniers instants de nos compatriotes dans notre monde. Finalement, la démonstration qu’il n’y a pas besoin de lois supplémentaires est là, dans cette humanité.
Pour le reste, le livre montre ce que nous savons déjà : la difficulté croissante des soignants à exercer leur métier, la médiocrité de certains politiques qui n’ont pas été à la hauteur des débats. Et bien sûr, le fait que cette nouvelle loi, qui ne servira à rien si ce n’est à nous deshumaniser, est une nième volonté d’un président bien loin des Français.
Merci pour ce bel ouvrage, qui doit aussi permettre aux Françaises et Français que la santé, les soignants et les associations soient reconsidérés et aimés. Parce que bientôt, il ne restera plus que ça pour nous unir.
SCRAGULAX

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